Cognition

*Le contenu a été examiné par Dr. Krista Power (École des sciences de la nutrition de l’Université d’Ottawa); Dernière mise à jour : mai 2026

Le terme « cognition » désigne les capacités mentales que nous utilisons pour acquérir, traiter, stocker et transformer l’information dans la vie quotidienne. Elle comprend des compétences comme la perception, l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives (c’est-à-dire l’organisation et la planification, l’initiation des tâches et/ou la régulation des émotions), ainsi que la prise de décision.

  • Les facteurs qui affectent la cognition. La cognition couvre un large éventail de processus et de tâches mentales. Les facteurs qui l’influencent vont de l’âge au niveau d’éducation, en passant par les facteurs environnementaux et l’alimentation.
  • Les glucides et la cognition. Le cerveau humain consomme une grande quantité d’énergie et utilise généralement le glucose comme principale source d’énergie pour fonctionner.
  • Les sucres et la cognition. À ce jour, certaines données suggèrent que le sucre peut procurer un regain d’énergie à court terme, pouvant améliorer la mémoire et la concentration. Toutefois, une consommation élevée de sucres, en particulier provenant de boissons sucrées (BS), pourrait être associée à un déclin cognitif au fil du temps. Des recherches plus rigoureuses sont nécessaires pour comprendre les effets à long terme.

Les facteurs affectant la cognition 

Plusieurs facteurs peuvent avoir un impact sur la cognition d’une personne (1-5), notamment :

  • L’âge
  • L’alimentation (par ex. alcool, caféine, antioxydants)
  • Le niveau d’éducation et le statut socio-économique
  • Les acteurs environnementaux (par ex. bruit, éclairage, température, surpopulation)
  • La génétique
  • L’activité physique
  • Le tabagisme

Las recherches se sont penchées sur les conséquences de l’alimentation sur la cognition, tant chez les animaux que chez l’homme, en examinant à la fois les performances cognitives et les modifications de la chimie cérébrale en lien avec les fonctions cognitives.

Les glucides et la cognition 

Le cerveau humain consomme une grande quantité d’énergie pour fonctionner et dépend principalement du glucose comme principale source de carburant. Le glucose est un composant du saccharose (sucre). Le glucose peut être :

  • Dérivé des glucides alimentaires
  • Synthétisé dans l’organisme à partir d’autres substrats tels que les acides aminés
  • Libéré à partir des réserves de glycogène stockées dans le foie et les muscles

Lorsque le taux de glucose sanguin est faible et que le cerveau dispose de moins de glucose, il peut s’adapter en utilisant des corps cétoniques, produits lors du métabolisme des acides gras, comme source d’énergie alternative.

Le saviez-vous? Bien qu’il ne représente qu’environ 2 % du poids corporel d’un adulte, le cerveau consomme près de 20 % de l’énergie totale du corps, ce qui souligne ses besoins énergétiques élevés (6). Le cerveau adulte a une demande élevée et constante en glucose, en consommant environ 100 g par jour, soit 55 mg par kg de tissu cérébral par minute (6-7).

Le régime cétogène (très pauvre en glucides et très riche en lipides) a suscité de l’intérêt pour ses effets potentiels dans des maladies telles que l’épilepsie (8). Bien que certaines recherches indiquent que le régime cétogène pourrait améliorer les fonctions cognitives chez certaines populations, les données probantes demeurent peu concluantes en raison de la taille réduite des études, de l’utilisation de modèles animaux plutôt que d’essais cliniques chez l’humain, et de méthodes d’évaluation subjectives (9-12). Des effets indésirables tels que des calculs rénaux, un taux élevé de cholestérol sanguin, la constipation et des déséquilibres nutritionnels peuvent survenir lors d’un suivi prolongé du régime cétogène. Pour ces raisons, ce régime doit être utilisé avec prudence et sous la supervision d’un professionnel de la santé. Des études plus rigoureuses sont nécessaires pour mieux comprendre les effets de l’alimentation sur la cognition.

Les sucres et la cognition   

Le glucose, un type de sucre, est la principale source de carburant des cellules du corps et constitue la source d’énergie principale du cerveau (13). Plus précisément, le corps humain nécessite un minimum de 130 g de glucose par jour (14), ce qui correspond à la quantité dont le cerveau a besoin pour fonctionner.

Le cerveau utilise le glucose provenant de l’alimentation ou des réserves de l’organisme, en décomposant les glucides (amidons et sucres) en monosaccharides, tels que le glucose et le fructose (comme illustré dans le schéma ci-dessous). Le fructose est métabolisé dans le foie pour produire de l’énergie ou est converti en glucose ou en lactate (13).

Le glucose est la première source d'énergie du corps.

Figure 1 : Le cerveau dépend principalement du glucose pour fonctionner. Restreindre l’approvisionnement en glucose du cerveau peut nuire à la mémoire et à la capacité de concentration.

Des inquiétudes ont été soulevées concernant les effets d’un apport excessif en fructose sur la santé, y compris sur la cognition. Des études antérieures ont suggéré que l’apport énergétique total pouvait brouiller la relation entre le fructose et la cognition, rendant difficile l’évaluation de son impact direct (15-16).

La consommation de sucres a des effets différents à court terme (de quelques minutes à quelques heures) et à long terme (de plusieurs mois à plusieurs années) sur la cognition.

  • Les résultats des études expérimentales suggèrent que les sucres ont des effets positifs à court terme sur la mémoire, le rappel de mots, l’attention et les processus d’apprentissage chez l’humain (17-18).
  • Chez les enfants, il a été démontré que le glucose améliore les performances lors de tâches mentales complexes, telles que la mémoire verbale et la mémorisation d’éléments d’une liste, par rapport à des tâches plus simples (14, 19-20).
  • À long terme, des études observationnelles ont associé une consommation élevée de sucres ajoutés – en particulier les boissons sucrées (BS) – à un risque accru de déclin de la mémoire, de troubles de la prise de décision et de résolution de problèmes, ainsi qu’à un risque plus élevé de troubles cognitifs tels que la démence et le déclin cognitif chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées (17, 21-22).
  • La recherche révèle que les régimes riches en graisses saturées et en sucres ajoutés peuvent nuire à l’hippocampe, une région cérébrale essentielle à la mémoire et à l’apprentissage (23).

Les données probantes actuelles indiquent qu’une réduction de la consommation élevée de sucres ajoutés, en particulier provenant des boissons sucrées (BS), pourrait contribuer à préserver la fonction cognitive à long terme. Cependant, des essais plus larges et bien contrôlés sont nécessaires pour confirmer ces effets.

Pour plus d’informations, les ressources supplémentaires comprennent :
Références
  1. Deary IJ, Johnson W, and Houlihan LM. Genetic foundations of human intelligence. Hum Genet. 2009;126(1):215-32.
  2. Beydoun MA, Beydoun HA, Gamaldo AA, Teel A, Zonderman AB, Wang Y. Epidemiologic studies of modifiable factors associated with cognition and dementia: systematic review and meta-analysis. BMC Public Health. 2014;14(1): 643.
  3. Messier C. Glucose improvement of memory: a review. Eur J Pharmacol. 2004;90(1):33-57.
  4. Spoto, G., Di Rosa, G., & Nicotera, A. G. The Impact of Genetics on Cognition: Insights into Cognitive Disorders and Single Nucleotide Polymorphisms. J. Pers. Med. 2024;14(2): 156. 
  5. Kim, M., & Park, J. M. Factors affecting cognitive function according to gender in community-dwelling elderly individuals. Epidemiol Health. 2017; 39:e2017054. 
  6. Mergenthaler, P., Lindauer, U., Dienel, G. A., & Meisel, A. Sugar for the brain: the role of glucose in physiological and pathological brain function. Trends Neurosci. 2013;36(10):587–597. 
  7. Dienel G. A. Astrocytic energetics during excitatory neurotransmission: What are contributions of glutamate oxidation and glycolysis?. Neurochem Int. 2013;63(4):244–258. 
  8. Epilepsy Foundation. Ketogenic Diet. [Internet]. Epilepsy Foundation;2017 Oct 25 [cited 2025 Aug 29].
  9. Pavón, S., Lázaro, E., Martínez, O., Amayra, I., López-Paz, J. F., Caballero, P., Al-Rashaida, M., Luna, P. M., García, M., Pérez, M., Berrocoso, S., Rodríguez, A. A., & Pérez-Núñez, P. Ketogenic diet and cognition in neurological diseases: a systematic review. Nutr. Rev. 2021;79(7): 802–813. 
  10. Lima, M. C., Gabiatti, M. P., Moreira, J. D., Ribeiro, L. C., Lunardi, M. D. S., Lin, K., & Venske, D. K. Ketogenic diet, epilepsy and cognition: what do we know so far? A systematic review.  Nutr. Rev. 2022;80(10):2064–2075. 
  11. Chinna-Meyyappan, A., Gomes, F. A., Koning, E., Fabe, J., Breda, V., & Brietzke, E. Effects of the ketogenic diet on cognition: a systematic review. Nutr. Neurosci. 2023;26(12):1258–1278. 
  12. van Berkel AA, IJff DM, Verkuyl JM. Cognitive benefits of the ketogenic diet in patients with epilepsy: A systematic overview. Epilepsy Behav. 2018;87:69-77.
  13. Reichelt AC, Stoeckel LE, Reagan LP, Winstanley CA, Page KA. Dietary influences on cognition. Physiol Behav. 2018 Aug 1;192:118-26.
  14. European Food Information Council. Glucose and The Brain: Improving Mental Performance [Internet]. European Food Information Council;2018 Apr 30 [cited 2024 Mar 1].
  15. Lakhan SE, Kirchgessner A. The emerging role of dietary fructose in obesity and cognitive decline. Nutr J. 2013 Dec;12(1):114.
  16. Chiavaroli L, Ha V, de Souza RJ, Kendall CW, Sievenpiper JL. Fructose in obesity and cognitive decline: is it the fructose or the excess energy? Nutr J. 2014;13(1):27.
  17. Gillespie, K. M., White, M. J., Kemps, E., Moore, H., Dymond, A., & Bartlett, S. E. The Impact of Free and Added Sugars on Cognitive Function: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2023;16(1):75. 
  18. García CR, Piernas C, Martínez-Rodríguez A, Hernández-Morante JJ. Effect of glucose and sucrose on cognition in healthy humans: a systematic review and meta-analysis of interventional studies. Nutr Rev. 2021 Jan 9;79(2):171-187.
  19. Bellisle F. Effects of diet on behaviour and cognition in children. Br J Nutr. 2004;92(S2):S227-32.
  20. Kennedy DO, Scholey AB. Glucose administration, heart rate and cognitive performance: effects of increasing mental effort. Psychopharmacology. 2000. 149(1):63-71.
  21. Liu, H., Liu, Y., Shi, M., Zhou, Y., Zhao, Y., & Xia, Y. Meta-analysis of sugar-sweetened beverage intake and the risk of cognitive disorders. J. Affect. Disord. 2022;313:177–185. 
  22. Zhang S, Xiao Y Cheng Y, Ma T, Liu J, Li C, Shang H. Associations of sugar intake, high-sugar dietary pattern, and the risk of dementia: a prospective cohort study of 210,832 participants. BMC Medicine. 2024;22(298). 
  23. Taylor ZB, Stevenson RJ, Ehrenfeld L, Francis HM. The impact of saturated fat, added sugar and their combination on human hippocampal integrity and function: A systematic review and meta-analysis. Neurosci Biobehav Rev. 2021 Nov;130:91-106.